DAE HAN MIN GUK !!!
Ne pas porter un chandail rouge est presque un blasphème. Faut porter du rouge, you need to « be the reds », you need to « be the DEVILS».
Pour ce premier match contre le Togo, je me suis rendue proche de City Hall où LE gros party prenait place. Environ un million de personnes s’y est rendu, et ça, c’est sans compter tous les autres lieux de rassemblements publics. Lorsque je suis arrivée à ce lieu fatidique, j’étais sidéré. Des chandails rouges à l’infini, des écrans géants sur les buildings, des drapeaux, flûtes, bandeaux, c’était la folie. Mais surtout, c’était les Coréens assis par terre en rangée dans la rue pour regarder le match. Assis ! En rangée ! Cordés comme des oignons (c’est bien ça le dictons ? Ou bien c’est des piments ?) ! Je suis restée là, comme ça, la bouche ouverte avec des grands yeux, à regarder la foule, excitée mais sage, assise dans la rue.
La dernière game, samedi à 4h00 am, je me suis rendue dans un resto-bar avec des amis où nous avons regardé le match. Oui, parce que les bars ici ne ferment que lorsque les clients s’en aillent (donc parfois qu’au lever du soleil). C’était plein, tout le monde chantait, cheerait, mais quelques uns dormaient, bien calés dans une banquette..« Don’t expect too much » qu’ils m’ont dit.

L’autre jour, chaque employé (2000 en tout), a reçu un parapluie pour inaugurer la création de l’unité 5 et 6. Un parapluie, oui, c’est bizarre, mais utile quand on sait que la Chung Mal Chol, la saison des pluies, arrive à grands pas (ou bien plusieurs petits pas asiatiques). Lors des games de soccer, les hommes qui gagnaient les paris (dizaines à centaines de dollars) achetaient des collations à toute la division ! Au lieu de garder l’argent pour soi, ils achetaient des gâteaux au riz traditionnels, des biscuits ou des dried squid. De plus, lorsqu’un membre de la famille décède, les collègues de travail donnent toujours de l’argent à l’employé en deuil. Pour les remercier, ce malheureux collègue achète de la pizza pour toute la division !
C'est avec plaisir que je vous invite à traverser le continent, survoler l'océan et vivre en terre asiatique. Je vous amène avec moi en Corée du Sud, mon pays d'origine. Vivez cette expérience unique qui me remplie de doutes et d'inquiétudes. Mais soyez aussi témoins de ces papillons dans mon ventre qui me donnent aussi des ailes fragiles mais si puissantes pour affronter des milliers, des millions de petits chinois qui se ressemblent, qui me ressemblent. Enfin, je retourne où je suis née. Finalement, je retrouve mes origines...